Lundi, Nicolas Sarkozy était revenu du Cap Nègre pour annoncer un plan Cancer, grillant ainsi la politesse à Roselyne Bachelot. C'était un sujet rêvé pour sortir des minables polémiques de
ces dernières semaines. Qui peut être contre un plan cancer ? Sarkozy promet donc 750 millions d'euros "
de dépenses nouvelles", sur 4 ans, ponctionnés
on ne sait où. Il fixe quelques objectifs à son plan Cancer II, comme l'analyse des risques, ou la réduction des inégalités face à la maladie. Il promet une «
Journée nationale
de l’activité physique »
. Il se félicite de l'augmentation, en janvier, de 6% des prix du
tabac, alors que
toutes les organisations anti-tabac ont accusé le gouvernement d'avoir cédé aux pressions des lobbies du tabac. Il néglige surtout d'insister sur l'impact des les dégâts environnementaux sur
la progression des cancers en France. Fâcheuse coïncidence, les autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaise, dans une déclaration commune, ont émis de sérieux doutes
sur la conception du système de contrôle-commande des réacteurs EPR de troisième génération. Les inquiétudes des autorités ne sont pas minces:
elles portent sur «
le système de sécurité utilisé pour piloter le réacteur en cas d'incident »
! Chacun de deux EPR en cours de construction coûte 3 à 4
milliards d'euros pièce !
Un ministre, anonyme, a déclaré que cette alerte ferait perdre deux à trois
ans aux chantiers.
Mardi, le Monarque est retourné au Cap Nègre. Il se repose.
Eric Besson à la peine
Le ministre de l'identité nationale a lancé son
débat éponyme lundi, site Web « filtré » à l'appui. Pour le
reste, l'opération a fait choux blanc. Les préfets et sous-préfets ont bien reçu leurs consignes, mais l'organisation des débats patinent. Cinq jours plus tard, le site mentionne péniblement
6 rencontres, étalées jusqu'en janvier.
Jeudi, le ministre Besson tenait son premier vrai débat « physique », à Sciences Po-Paris. A en croire les témoins, on parla moins
d'identité française que de l'opportunité d'un tel débat. Le ministre fut accueilli par 150 étudiants chantant la Marseillaise, tout en brandissant une banderole "
Besson Démission".
Vendredi, Nicolas Sarkozy s'est rendu à
la remise des premiers prix de la Fondation Chiracpour la prévention des
conflits. L'ancien président Chirac s'affiche serein. Il n'a jamais été aussi populaire.
Cette semaine, il a été rattrapé par une sale affaire, une histoire d'emplois fictifs
quand il était maire de Paris. Il publie aussi un premier volet de ses mémoires, sans surprise. Sarkozy s'est bien abstenu du moindre commentaire. Il y a à peine 10 jours, on ne parlait
que de l'affaire Clearstream, un vestige de la guerre des droites, du temps ou Chirac et Sarkozy étaient les meilleurs ennemis du monde.
Ami sarkozyste, où es-tu ?